Aujourd'hui, je me suis laissée séduite par une tentante Amazone reconvertie dans la vente de livres en ligne pour ex-khâgneuse souffrant du syndrome de l'université/acheteuse compulsive/geek/paresseuse/malade et clouée au lit sans pouvoir rien faire d'autre (rayez la/les mention(s) inutiles) et j'ai décidé de m'offrir les trois premiers tomes du Trône de fer et 5 nouveaux tomes des Annales du Disque-Monde à l'exception de Mortimer/Mort (un tome vraiment génial), le tout en VO. [1]
Ce n'est qu'a posteriori que je me suis dit que c'était quand même bien dommage de presque toujours passer par cette Amazone désincarnée si tentant soit ce qu'elle propose et de ne plus mettre les pieds dans une librairie. Je ne sais pas si c'est en réaction épidermique à la fac et aux transports en commun, lieux où l'on ne fait que se côtoyer sans rien (ou presque) échanger, mais je regrette de ne pas connaître une librairie qui serait plus qu'un lieu d'échange purement commercial.
L'idéal serait de trouver une librairie bien fournie et agréablement agencée, où le nouveau venu n'aurait pas besoin de demander un guide du Routard pour s'y retrouver (encore que l'exploration d'une librairie, ça a du charme aussi). Un endroit convivial (comme une auberge de Hobbits !) où l'on pourrait venir lire, discuter avec d'autres passionnés autour pourquoi pas d'un grand chocolat chaud et d'une pâtisserie (tout en faisant attention aux livres, bien sûr !), rencontrer des auteurs, se renseigner, découvrir de nouveaux auteurs et genres, venir toucher et admirer les livres sans obligation d'achat. Bref, un lieu tenu par quelqu'un qui aime les livres et fait pour ceux qui les aiment.
J'ai bien conscience que je vais avoir du mal à trouver une telle librairie qui n'a que très peu de chance face aux gros géants que sont Amazon, la Fnac & autres. Même moi, passionnée (voire quasi fétichiste) de l'objet livre (en témoigne les multiples éditions de nombreuses œuvres que vous pouvez trouver sur mes étagères) qui procure une expérience de lecture unique et incomparable, à la fois sensorielle, tactile, auditive et visuelle, je me passe de plus en plus de ce premier contact physique qui bien souvent motive l'achat et préfère choisir la solution de facilité.
Reste que si vous connaissez des librairies qui se rapprocheraient de la vision que j'en ai (j'enlève le chocolat chaud et la pâtisserie qui seraient seulement des framboises [2] sur le gâteau
et qui se trouvent en région parisienne, je veux bien lutter contre ma paresse et partir les explorer.
Ne me citez juste pas Shakespeare and Co que je connais. J'ai d'ailleurs été déçue, il y avait vraiment trop de monde et le tout semblait trop touristique. J'avais en tête tout autre chose, j'imaginais un lieu presque magique à entendre et lire les éloges sur cette librairie. C'est peut-être la faute à pas de chance, un mauvais jour...
J'y retourne bientôt histoire de confirmer ou d'infirmer cette première impression. En attendant, je vais continuer de rêver ma librairie idéale.
Tag - livre
mercredi 10 février 2010
Dilemme de bibliophile paresseuse
Par Lluciole le mercredi 10 février 2010, 13:12 - Papyrophagie
mercredi 3 février 2010
Donjon de Naheulbeuk, L'orbe de Xaraz
Par Lluciole le mercredi 3 février 2010, 18:25 - Papyrophagie

Donjon, c'est la première saga audio que j'ai découverte. S'il m'arrive de ré-écouter la première saison, la deuxième ne passe pas/plus. Du coup, quand on m'a offert le quatrième chapitre de la saga, L'orbe de Xaraz, qui suit l'arc de la Couette de l'Oubli que je n'ai pas lu, je me suis dit que ça serait l'occasion de renouer avec la Terre de Fang.
Après lecture, pas grand chose à en dire. J'ai même hésité à en parler, mais après tout c'est l'occasion de confronter mon avis à un autre (si par hasard une personne passant ici l'aurait lu).
Si l'histoire est un chouilla plus complexe que celle de la première saison, mais elle reste fidèle à l'esprit absurde et parodique de Donjon, si vous n'êtes pas amateur du genre mieux vaut éviter. Ce n'est pas tant l'histoire qui m'a déçue, je ne m'attends jamais à rien de très fouillé quand je lis un roman parodique de fantasy, mais le style de l'auteur qui est assez moyen voire même banal [1]. Dommage, le roman ressemble plus à un synopsis qui attend encore d'être joué.
Le parti pris de passer d'un récit objectif à la 3e personne du singulier à un récit subjectif à la 1ere du singulier, se concentrant sur les pensées d'un des personnages aurait pu être intéressant, s'il n'était pas si mal utilisé. Au lieu de nous plaquer un titre "BULLETIN CÉRÉBRAL DE X ou Y" au début de chaque intrusion dans le cerveau de nos héros de pacotilles, je trouve que l'auteur aurait pu faire ça un peu plus finement, surtout qu'il n'est pas très difficile de distinguer chaque personnage.
Les personnages ont certes gagné en niveau, mais n'ont que très peu changé et ça en devient lassant. Je pense surtout au duo elfe/nain qui est vraiment trop déséquilibré, ce qui le rend exaspérant (contrairement au duo créé dans RDA par exemple, et c'est un défaut depuis longtemps dans Donjon) et les autres personnages ont perdu le peu de capital sympathie qui leur restaient à mes yeux. J'en viens même à plus apprécier Reivax et Zangdar (que l'on retrouve dans cet opus) qu'eux... Un comble !
On sourit, mais certains passages auraient certainement été plus drôles s'ils avaient été sous forme d'épisodes audio et d'autres assez descriptifs et longs (me semble que c'est le gros défaut du livre, les descriptions sont toutes plus banales les unes que les autres et relèvent plus de la didascalie ou du synopsis) auraient pu être évités.
Sous une autre forme L'orbe de Xaraz aurait sans doute été plus réussi . Une saga audio aurait permis de relever la platitude de certaines répliques, de rajouter des musiques d'ambiance comme l'auteur sait le faire. Une BD aurait peut-être été un bon compromis qui aurait permis de supprimer les passages descriptifs les moins pertinents.
Pas convaincue en somme, même si le roman n'était pas désagréable à lire, je ne le conseille pas ou seulement aux fans inconditionnels de Donjon qui ont apprécié la deuxième saison.
Notes
[1] Précisons quand même que son style n'est pas pire que celui de Werber, de Jean-Christophe Grangé par exemple qui sont tous les deux des auteurs à best-sellers...Comme quoi...
mardi 30 juin 2009
Le Nom du Vent, Patrick Rothfuss
Par Lluciole le mardi 30 juin 2009, 17:34 - Papyrophagie

Bragelonne puise dans la pépinière outre-atlantique décidément.
Je traîne ce billet depuis un bout de temps, et ce matin la tête dans les choux, alors que j'avais fini de le rédiger. Je clique sur supprimer persuadée d'avoir cliqué sur enregistrer... Des inconvénients d'être myope et fatiguée ^^'
Pour la petite histoire de l'auteur, je vous renvoie sur le net * mode flemmasse *, vous trouverez tout ce que vous voudrez savoir.
Je vais un peu bâcler ce billet, vous m'excuserez 
Le Nom du Vent, qu'est ce que c'est ? L'histoire d'un homme devenu légende.
Mais, c'est avant tout une histoire que l'on raconte dans les auberges au coin du feu. L'auberge, ce lieu prosaïque, où l'on vient discuter et se reposer tout en sirotant une pinte, où l'on écoute les récits d'aventure de ces héros, toujours les mêmes, remaniées et magnifiées au fil des années ; ce lieu de passage et de rencontre entre prosaïsme du quotidien et merveilleux des histoires.
C'est dans ce cadre familier que se déroule notre histoire, à l'auberge de la Pierre Levée, un lieu plutôt calme, loin du tumulte joyeux des grandes auberges, où l'on se raconte des histoires peuplés de héros, d'assassins, de puissants magiciens et de démons, qui semblent d'autant plus appartenir aux mythes et aux légendes, que l'on se trouve dans un petit coin tranquille au quotidien morne et monotone [1]. Kvothe, déguisé sous les traits d'un placide aubergiste nommé Kote, étouffe dans cet environnement étroit et semble dépérir, au désespoir de son apprenti, jusqu'à ce que Chroniqueur, un traqueur de mythes, arrive à le convaincre de lui livrer son histoire, celle de l'homme qui se cache derrière la légende et ses multiples variantes afin d'établir la vérité. L'occasion pour Kvothe de léguer à la postérité son histoire sans fioritures : exit lyrisme, emphases épiques et autres figures de style.
Commence alors le récit de l'enfance de notre héros en devenir qui s'achève sur son entrée à l'Université, l'école des plus grands arcanistes, et son quotidien d'étudiant sans le sou. Je n'en dis pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture, mais vous connaissez sans doute le schéma classique du héros pour vous douter qu'il sera confronté à un évènement terrible !
L'histoire de Kvothe est relativement dénuée d'actions trépidantes, mais peu à peu le charme prend et l'on se laisse bercer par ce récit tout en s'interrogeant sur l'origine de ces mystérieux Chandrians qui hantent les récits et sur ce qui attend Kvothe qui nous promet un récit plein d'aventures : "J'ai libéré des princesses. J'ai incendié la ville de Trebon. J'ai suivi des pistes au clair de lune que personne n'ose évoquer durant le jour. J'ai conversé avec des dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui font pleurer les ménestrels. J'ai été exclu de l'Université à un âge où l'on est encore trop jeune pour y entrer..."
Pour résumer, Kvothe est un héros plaisant à suivre [2] et l'ambiance qui se dégage du roman est à la fois mystérieuse (la suite de l'histoire, on veut la suite !) et doucement amère, ce qui fait du Nom du Vent une lecture agréable sans que ce soit quelque chose de renversant. J'attends de voir la suite de la trilogie cependant, car Rothfuss réussit à mettre en place un monde cohérent et plein de potentiel. Reste à voir comment tout ce qu'il a semé au cours de ce roman fleurira dans les deux prochains.
Si je devais comparer, je mettrais Kushiel un cran au dessus du Nom du Vent : le premier m'a vraiment tenu en haleine, alors que pour celui-ci l'immersion n'a pas été immédiate.
P.S : Aucun rapport avec ce livre, je vous mets en lien un billet avec des photos magnifiques de la Vallée de la Mort près de Las Vegas.
mardi 26 mai 2009
Kushiel : La Marque, Jacqueline CAREY.
Par Lluciole le mardi 26 mai 2009, 18:40 - Papyrophagie
S'il y a une chose que je redoute le plus, c'est qu'on m'offre un livre de fantasy (souvent choisi à cause de la quatrième de couverture ou de l'illustration par des proches n'ayant pas lu le livre), à cause des innombrables "merdes" et médiocrités que l'on recouvre sous cette appellation aux vertus philosophales. C'est pourquoi, lorsque j'ai eu le 1er tome de la trilogie de Jacqueline Carey (auteur américaine) entre les mains, j'étais loin d'être enchantée...
Mais, combien de fois faudra t-il le répéter, on ne juge pas un livre à sa couverture ou plutôt ici à son illustration. "C'est pourquoy fault ouvrir le livre..."
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