Bribes de réel

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mercredi 10 février 2010

Dilemme de bibliophile paresseuse

Aujourd'hui, je me suis laissée séduite par une tentante Amazone reconvertie dans la vente de livres en ligne pour ex-khâgneuse souffrant du syndrome de l'université/acheteuse compulsive/geek/paresseuse/malade et clouée au lit sans pouvoir rien faire d'autre (rayez la/les mention(s) inutiles) et j'ai décidé de m'offrir les trois premiers tomes du Trône de fer et 5 nouveaux tomes des Annales du Disque-Monde à l'exception de Mortimer/Mort (un tome vraiment génial), le tout en VO. [1]

Ce n'est qu'a posteriori que je me suis dit que c'était quand même bien dommage de presque toujours passer par cette Amazone désincarnée si tentant soit ce qu'elle propose et de ne plus mettre les pieds dans une librairie. Je ne sais pas si c'est en réaction épidermique à la fac et aux transports en commun, lieux où l'on ne fait que se côtoyer sans rien (ou presque) échanger, mais je regrette de ne pas connaître une librairie qui serait plus qu'un lieu d'échange purement commercial.

L'idéal serait de trouver une librairie bien fournie et agréablement agencée, où le nouveau venu n'aurait pas besoin de demander un guide du Routard pour s'y retrouver (encore que l'exploration d'une librairie, ça a du charme aussi). Un endroit convivial (comme une auberge de Hobbits !) où l'on pourrait venir lire, discuter avec d'autres passionnés autour pourquoi pas d'un grand chocolat chaud et d'une pâtisserie (tout en faisant attention aux livres, bien sûr !), rencontrer des auteurs, se renseigner, découvrir de nouveaux auteurs et genres, venir toucher et admirer les livres sans obligation d'achat. Bref, un lieu tenu par quelqu'un qui aime les livres et fait pour ceux qui les aiment.

J'ai bien conscience que je vais avoir du mal à trouver une telle librairie qui n'a que très peu de chance face aux gros géants que sont Amazon, la Fnac & autres. Même moi, passionnée (voire quasi fétichiste) de l'objet livre (en témoigne les multiples éditions de nombreuses œuvres que vous pouvez trouver sur mes étagères) qui procure une expérience de lecture unique et incomparable, à la fois sensorielle, tactile, auditive et visuelle, je me passe de plus en plus de ce premier contact physique qui bien souvent motive l'achat et préfère choisir la solution de facilité.

Reste que si vous connaissez des librairies qui se rapprocheraient de la vision que j'en ai (j'enlève le chocolat chaud et la pâtisserie qui seraient seulement des framboises [2] sur le gâteau :)) et qui se trouvent en région parisienne, je veux bien lutter contre ma paresse et partir les explorer.

Ne me citez juste pas Shakespeare and Co que je connais. J'ai d'ailleurs été déçue, il y avait vraiment trop de monde et le tout semblait trop touristique. J'avais en tête tout autre chose, j'imaginais un lieu presque magique à entendre et lire les éloges sur cette librairie. C'est peut-être la faute à pas de chance, un mauvais jour...
J'y retourne bientôt histoire de confirmer ou d'infirmer cette première impression. En attendant, je vais continuer de rêver ma librairie idéale.

Notes

[1] C'est moins cher dans le cas des tomes du "Trône de fer" et parce que je veux comparer la VO et l'excellente VF des Annales du Disque-Monde.

[2] Je n'aime pas les cerises

mardi 9 février 2010

Aventure photographique : Le reflex, ou mon lent éveil photographique.

Petite, j'étais déjà attirée par les appareils photo et la photographie en général. Je trouvais ça magique (comme tout ce qui semble inexplicable) qu'un appareil puisse figer des instants de vie et des morceaux de réalité.

A 16 ans, j'ai eu la chance qu'on m'offre un appareil photo, un compact numérique, l'A95 de Canon, qui n'a pas à rougir face aux appareils actuels (je cherchais un autre compact pour certaines occasions et je n'ai pas trouvé mieux pour un prix raisonnable) et qui est toujours fonctionnel (5 ans déjà !). Grâce à lui, j'ai découvert les modes P, priorités (ouverture, vitesse) et même manuel. Mais je n'ai pas vraiment eu la curiosité d'aller voir plus loin que le mode P (si on oublie des tentatives ratées de prises en mode M quand je ne savais même pas ce qu'était l'ouverture et la vitesse...) pour gérer l'exposition, et le mode "macro".
A part quelques éclairs de "génie" ou "lucidité" photographique, rien de bien sérieux. Je photographiais surtout les plantes parce que c'était un moyen de les étudier en détail sans toucher - et donc abîmer -, que je suis passionnée par la flore depuis que mon père m'a promenée sur ses épaules pour me faire découvrir mon village et nos terres (ça forge des vocations les paysages magnifiques de mon village) et parce que je me suis découvert un intérêt pour la macrophotographie en classe de découverte (CM2). J'affectionnais aussi les paysages et je rêvais de prendre en photos les gens dans la rue (sans jamais trop oser).

En fin de khâgne, pour mon 20e anniversaire, je décide de m'offrir un reflex. Vieux rêve d'enfant également, je voulais avoir un appareil avec des objectifs interchangeables. Comme quoi à 20 ans, je n'ai toujours pas plus de jugeote qu'à 10 ans et tombe encore dans les pièges de notre société de consommation. Rien ne m'obligeait vraiment à changer, j'aurai pu d'abord apprendre à me servir des modes manuels avant de m'acheter un appareil plus perfectionné. Mais mon rêve d'enfant, la geek en moi, constamment attirée par les nouveautés high-tech, et surtout la khâgneuse qui sort de concours ont décidé, de façon tout à fait improbable, de faire alliance pour me convaincre d'investir dans un reflex amateur. Je suis faible, je ne pouvais que céder devant les gros yeux de mon moi enfant près à chouiner en cas de refus, ceux brillants d'envie de mon moi geek et ceux hagards et cernés de mon moi khâgneuse.

Alors, je décide de continuer mon aventure avec Canon lorsque je tombe sur le 450D, le reflex pour fille ou presque tellement il est léger, ce qui me décide à le choisir (une fois après avoir épluché les caractéristiques techniques de la bête à la moulinette) avec les deux objectifs de kit (18-55 IS et 55-250IS si ma mémoire des chiffres est bonne). L'ouverture du colis confirme mes premières impressions en magasin, on change de catégorie avec cette appareil. Rien à voir avec mon petit compact. Du coup arrive la prise de conscience (amorcée plus tôt par la découverte du blog photographique d'Anne-Laure, connue à travers ses dessins) qu'il faudra maîtriser la technique pour laisser son regard s'exprimer pleinement [1].

C'est alors que j'ai commencé à être un peu plus rigoureuse avec moi même, à étudier la composition des photos des autres, et surtout à traquer mes défauts et mes impairs photographiques, tout en essayant peu à peu de décoder le langage technique de la photographie que je trouvais (un peu moins aujourd'hui) assez obscur.

Ainsi s'éveille le petit vers qui a encore beaucoup à apprendre avant de devenir luciole. [2]
La suite des péripéties du ver luisant qui voulait capturer de la lumière au prochain épisode :)

Notes

[1] Je compose sans cesse des images mentales de photographies lorsque je me promène depuis que je m'intéresse à la photographie, et malheureusement, elles brident parfois la réalisation "d'images réelles" parce que je suis presque toujours déçue du résultat.

[2] J'excelle en mauvais jeux de mots...

mercredi 3 février 2010

Donjon de Naheulbeuk, L'orbe de Xaraz

Orbe de Xaraz

Donjon, c'est la première saga audio que j'ai découverte. S'il m'arrive de ré-écouter la première saison, la deuxième ne passe pas/plus. Du coup, quand on m'a offert le quatrième chapitre de la saga, L'orbe de Xaraz, qui suit l'arc de la Couette de l'Oubli que je n'ai pas lu, je me suis dit que ça serait l'occasion de renouer avec la Terre de Fang.

Après lecture, pas grand chose à en dire. J'ai même hésité à en parler, mais après tout c'est l'occasion de confronter mon avis à un autre (si par hasard une personne passant ici l'aurait lu).

Si l'histoire est un chouilla plus complexe que celle de la première saison, mais elle reste fidèle à l'esprit absurde et parodique de Donjon, si vous n'êtes pas amateur du genre mieux vaut éviter. Ce n'est pas tant l'histoire qui m'a déçue, je ne m'attends jamais à rien de très fouillé quand je lis un roman parodique de fantasy, mais le style de l'auteur qui est assez moyen voire même banal [1]. Dommage, le roman ressemble plus à un synopsis qui attend encore d'être joué.

Le parti pris de passer d'un récit objectif à la 3e personne du singulier à un récit subjectif à la 1ere du singulier, se concentrant sur les pensées d'un des personnages aurait pu être intéressant, s'il n'était pas si mal utilisé. Au lieu de nous plaquer un titre "BULLETIN CÉRÉBRAL DE X ou Y" au début de chaque intrusion dans le cerveau de nos héros de pacotilles, je trouve que l'auteur aurait pu faire ça un peu plus finement, surtout qu'il n'est pas très difficile de distinguer chaque personnage.

Les personnages ont certes gagné en niveau, mais n'ont que très peu changé et ça en devient lassant. Je pense surtout au duo elfe/nain qui est vraiment trop déséquilibré, ce qui le rend exaspérant (contrairement au duo créé dans RDA par exemple, et c'est un défaut depuis longtemps dans Donjon) et les autres personnages ont perdu le peu de capital sympathie qui leur restaient à mes yeux. J'en viens même à plus apprécier Reivax et Zangdar (que l'on retrouve dans cet opus) qu'eux... Un comble !

On sourit, mais certains passages auraient certainement été plus drôles s'ils avaient été sous forme d'épisodes audio et d'autres assez descriptifs et longs (me semble que c'est le gros défaut du livre, les descriptions sont toutes plus banales les unes que les autres et relèvent plus de la didascalie ou du synopsis) auraient pu être évités.

Sous une autre forme L'orbe de Xaraz aurait sans doute été plus réussi . Une saga audio aurait permis de relever la platitude de certaines répliques, de rajouter des musiques d'ambiance comme l'auteur sait le faire. Une BD aurait peut-être été un bon compromis qui aurait permis de supprimer les passages descriptifs les moins pertinents.

Pas convaincue en somme, même si le roman n'était pas désagréable à lire, je ne le conseille pas ou seulement aux fans inconditionnels de Donjon qui ont apprécié la deuxième saison.

Notes

[1] Précisons quand même que son style n'est pas pire que celui de Werber, de Jean-Christophe Grangé par exemple qui sont tous les deux des auteurs à best-sellers...Comme quoi...

mardi 2 février 2010

Lyon : Première rencontre.

Mon long weekend à Lyon a failli se terminer tristement.

La faute à pas de chance et à ma prudence envolée, j'ai raté le train qui devait me ramener à la maison, moi qui d'habitude me pointe toujours au moins 1h à l'avance prévoyant une dizaine de scénarios catastrophes plus ou moins farfelus comprenant toujours cependant un volet SNCF ou RATP, et failli perdre mon porte-feuille en l'oubliant sur une borne jaune pour suivre un agent SNCF me conseillant plutôt d'aller ailleurs.
Plus de peur que de mal au final, même si je ne me remets toujours pas d'avoir été aussi bête et d'avoir en plus pris la carte 12-25 alors que je ne voyage que très peu... Quand la panique et la rage s'en mêlent, difficile de réfléchir posément. Me reste qu'à essayer de rentabiliser cette fichue carte (et donc à consommer sans en avoir ressenti le besoin jusque là), avis à ceux qui habitent en province et qui voudraient m'héberger, je suis partante !

Lyon et moi, c'est un peu un comme un premier rendez-vous raté qui s'annonçait prometteur. La ville a un charme certain et m'a pas mal plu, mais j'ai eu l'impression d'en faire un tour trop touristique pour vraiment l'apprécier (surtout quand je regarde les photos de la ville sur Flickr). En plus je garde un souvenir mitigé du bouchon dans lequel nous sommes allées manger. La faute à l'inculture de mon palais qui n'a pas su apprécier à sa juste valeur, sans doute, le saucisson chaud.

Occasion photographique manquée également, rien de concluant niveau photo. Ça me confirme juste que j'ai énormément de mal à faire des photos en étant avec quelqu'un et que je dois avant tout vaincre ma timidité pour photographier comme bon me semble et enfin véritablement progresser.

Ce weekend a été l'occasion, par contre, de retrouver des amis d'enfance que je n'avais pas vu depuis 10 ans au moins et de voir mon amie parachutée à l'ENS. Et c'est ce qui importe le plus.
Je retiens aussi cette rencontre fugace avec une petite fille avec qui j'ai échangé un sourire complice dans le tram et qui m'a gentiment dit "Au revoir" au moment de descendre.

Peut-être pas si raté que ça ce rendez-vous après tout.

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