Avant que j'oublie : Joyeuses Pâques à vous tous ! J'espère qu'on vous a couvert de chocolats ovoïdes, léporidoïdes, poussinoïdes, etc. Peu importe tant que ça se mange 
Moins d'une semaine avant le concours, mon cerveau commence à saturer, entre les différents modes de scrutins (ô combien passionnants...), les chiffres, les différents syndicats paysans JAC, JIC*, JOC*, l'accouchement difficile de la IVe République, qu'il faut assaisonner des multiples maladies horribles qui guettent l'humanité (Méfiez vous ! Des tueurs en puissance sont cachés tout autour de nous !), et de leur décompte macabre, il frise l'indigestion.
J'essaye de motiver les troupes, mais elles sont rebelles, et n'attendent qu'une occasion pour fomenter une révolte et me bouter hors de mon trône comme un gueux. Ces petits neurones et ces sales connexions synaptiques [1] font tout pour me faire craquer. Mais je résiste (pas toujours) ! J'en suis venue au stade où quand je vais me coucher, Rabelais, Diderot, Nerval et Kateb discutent ensemble dans ma tête, m'expliquent à moi petit insecte littéraire le comment du pourquoi de leur œuvre dans un charabia vertigineux [2], je vois des citations défiler, j'entends soudain une voix oraculaire dicter les Chimères...
Reste que l'étendue du programme m'effraie. J'ai l'impression que mon cerveau est complètement vide, que j'ai tout oublié malgré une année de travail...
Je me demande si tout ça a beaucoup de sens : préparer un concours, dont la réussite est censée nous apporter gloire, richesse et renommée (ou presque). ENS, trois lettres pour désigner quelque chose qui n'a aucune réalité pour moi. Le normalien, étant constamment présenté comme un être appartenant à un monde supérieur, inaccessible aux communs des mortels, me semble chimérique. Bref, ce concours...j'y vais en espérant survivre et ne pas y perdre une main 
Malgré tout, je me rends pas trop compte de l'énormité de la chose - heureusement -, je pense surtout aux deux semaines de vacances qui vont suivre le concours, au beau temps, à mon tout nouvel appareil photo (que je peux pas toucher encore à cause des révisions), à toutes les choses prévues pour l'après-prépa 
C'est pas tout ça, mais j'ai encore du travail. Heureusement, le chocolat n'est jamais très loin ! Je vais être une bouée après le concours...Sauf si ma théorie fumeuse sur l'énergie dépensée en blog(u)ant, en révisant et en composant se révèle juste. Mais bizarrement, elle marche que pour la gente masculine, spécialement avantagée par la nature quand il s'agit de bouffer de délicieuses cochonneries sans transformer le tout en gras très seyant et tendance... 