Bribes de réel

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jeudi 26 mars 2009

Quelques flocons de printemps.

En plus d'avoir des jardins merveilleux (au sens fort du terme !) [1], il faut encore qu'ils trouvent le moyen de donner de plus jolis noms aux fleurs ! Lord Henry Wotton se plaint injustement. (Oui, le séjour à Londres a été également l'occasion de lire Wilde [2] en anglais.)

En général, je trouve que les mots anglais possèdent un puissant pouvoir évocateur et créateur d'images. Dans le cas du perce-neige, je trouve que dans le cas de l'anglais "snowdrop", l'image est plus forte et plus poétique [3].

J'ai parlé d'une expo sur les plantes tropicales, dans mon souvenir elle s'appelait "Extravaganza", et elle porte bien son nom. La flore tropicale est luxuriante, chatoyante, flamboyante : la reine de ce monde, c'est l'orchidée. Une sacrée coquette, orgueilleuse et hautaine avec ça. Une "m'as tu vu", une "regarde ma magnifique robe" en somme. Et bien, je ne les aime pas ces orchidées ! Trop sophistiquée pour moi. [4]
Je suis beaucoup plus attirée par les fleurs simples, modestes, voire timides. Des fleurs qu'on trouve par chez nous, qui n'exhalent pas l'exotisme, qui nous annonce l'imminence de la mort de l'hiver.

Sauf que manque de chance, la plupart de mes photos sont ratées...Mon appareil n'avait plus de piles, et s'éteignait constamment. Donc c'était la course contre la montre pour déclencher... Pas de temps pour la mise au point pour éviter les flous, rien.

Notes

[1] Précision : Kew Garden est payant, mais vaut réellement le détour, le parc est magnifiquement entretenu !

[2] Et même que l'humour corrosif de Wilde, j'adore ;)

[3] Dédicace à H-A, qui ne passera jamais ici : Je sais ce que tu répliquerais. Mais la poésie légère a son charme également ;)

[4] C'est pourquoi ma série à venir sur les orchidées en décevra peut-être certains...

jeudi 26 février 2009

Le Tate Modern : Une claque esthétique

Londres, dans ma tête, c'est d'abord de grands musées.
Ironie du sort, ceux que je voulais absolument voir, je n'ai pas eu l'occasion d'y aller (snif, les dinosaures ! snif, l'Egypte ! [1]) et je me suis retrouvée au Tate Modern, musée d'art moderne. Or ma sensibilité esthétique est proche de celle de l'huître quand il s'agit d'apprécier des œuvres qui vont au-delà de l'impressionnisme. Oui, je l'avoue le cubisme, Picasso et moi, ça fait 3. Quant à l'art abstrait...

Tate Modern
Le Tate Modern, ancienne centrale électrique

Néanmoins, ma curiosité et mon désir d'apprendre étant plus forts que mon mépris - relevant d'une ignorance crasse - pour l'art moderne (n'empêche que carré blanc sur fond blanc...), je me suis engagée dans ce musée. Direction le stand des petits guides audio, où j'ai troqué mon passeport contre un petit - à défaut d'être joli - smartphone, chargé de me délivrer tous les mystères des œuvres pour ne pas avoir à écarquiller mes yeux devant elles.

Petit tour d'horizons des œuvres que j'ai appréciées, qui m'ont fait réfléchir, fuir, rire ou tout bonnement de celles dont je me souviens. Photos interdites, donc malheureusement, vous devrez faire confiance à ma mémoire qui sature déjà avec le programme colossal de cette année :d
J'ai squeezé de nombreuses oeuvres d'art qui étaient noires, glauques, violentes, perturbantes, effrayantes presque inconsciemment. Elles provoquaient en moi une sorte de rejet, de dégoût visuel. Je me suis laissée guidée par mes yeux, et ne me suis donc arrêtée que devant les œuvres qui ont su capter mon regard.

- Miroslaw Balka, Soap and stainless steel, 2002 : Ce sont les très jolies couleurs de morceaux de savons enfilés bout à bout et suspendus au mur par un fil qui ont été les premiers à retenir mon attention. Heureusement mon petit guide je sais tout et je vais t'expliquer but in english because you must practise était là, et du coup j'en ai appris un peu plus. Cette installation a d'abord été exposée au Japon, l'artiste a demandé aux habitants de lui donner un morceau de savon (ce qui explique les différentes tailles, couleurs). Parmi les pistes de réflexion que j'ai trouvé intéressantes : le fait que la ligne représente le temps, que ce travail rend hommage à la vie de ces personnes. Même si pour ma part, je me contente d'apprécier l'association des différentes couleurs et des formes.

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- Jean Dubuffet, La vie affairée : Une oeuvre étrange qui rappelle des dessins enfantins. C'est le but, me dit le petit guide. L'artiste ayant pour source d'inspiration ce que les enfants peuvent faire avec leur imagination. Retenue plus comme transition pour parler de l'initiative du musée qui propose diverses activités aux enfants, tout au long de ma visite, des petits étaient en train de crayonner et de colorier. P.S : La toile n'est pas aussi pâle en vraie il me semble.



- Monet, Nymphéas, après 1916 : De l'impressionnisme ! Quelque chose que je comprends et qui me plaît ! Célèbre toile (j'ai pu voir d'autres tableaux de Monet sur le même thème au National Gallery) qui rend bien mieux en vrai. Je ne pensais pas que le tableau était aussi grand, il faut prendre pas mal de recul pour tenter d'englober l'œuvre du regard. On comprend quand même l'incompréhension des contemporains qui qualifiaient l'œuvre de croûte.

Matisse, L'escargot

- Henri Matisse, L'escargot, 1953 : A nouveau attirée par les couleurs. Je sais pas trop pourquoi j'aime ce tableau. Peut être pour le petit détail en haut à gauche ^^

- Barnet Newman, Eve et Adam : L'artiste qui m'a laissée la plus perplexe (et dont je me souviens encore). Deux tableaux en diptyque (je crois qu'on dit comme ça).

EveAdam

Si vous comprenez quelque chose et en quoi ça symbolise Eve et Adam, aidez moi. J'ai passé pas mal de temps à me poser la question. Y'a bien l'explication de l'audio guide du Tate Modern, mais elle n'ouvre que des pistes de réflexion et ne fait que proposer des hypothèses. C'est frustrant l'art moderne !

- Constantin Brancusi, The Fish : Sculpture. Tout l'intérêt de la sculpture est révélée quand le spectateur tourne autour d'elle, se penche vers le miroir. J'ai beaucoup aimé le concept. En règle générale, toute œuvre qui demande la participation du spectateur me plaît. A voir sur place !

The Fish

- Une dernière installation de Robert Morris.Selon notre position, notre reflet est renvoyé sur les autres faces des cubes. C'était drôle de voir tout le monde se pencher et les miroirs se remplirent de pieds, de visages, de mains et se dupliquer.

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Visite qui m'a beaucoup plu, j'ai découvert queje pouvais aimer l'art moderne (par contre Duchamps, je peux vraiment pas...Traumatisme de collégienne et des cours d'Arts Plastiques !), que je n'étais pas vouée au destin de l'huître, que je n'étais peut être pas complètement insensible (déjà qu'en poésie, à quelques exceptions près, je n'aime pas grand chose). Bref, qu'il y avait encore de l'espoir, qu'on pouvait me rattraper ;)

Notes

[1] Petite explication, mon séjour tombait pile au moment des vacances des petits, et fallait attendre trop longtemps pour entrer dans ces musées qui attirent énormément de familles, surtout que c'est gratuit.

London : There and back again

"Aaah ! Qu'il est difficile d'écrire sur des vacances passées, surtout quand la rentrée et le concours blanc approchent..."
Je vais essayer avec mon piètre talent de vous faire vivre (et de revivre par la même occasion) ce voyage à Londres. Comme je suis incapable d'écrire avec ordre et méthode sans brouillon préalable, [1] je ne m'avancerai pas sur la tournure que prendront les billets, ni sur leur nombre.

S'il fallait remonter aux raisons qui m'ont poussée à entreprendre ce voyage, nous y serions encore jusqu'à la St Glinglin. Sachez seulement que j'ai bien failli ne pas partir, et ce à la dernière minute ! Les alarmes maternelles se sont brutalement réveillées et il était soudain devenu impossible d'aller crécher chez une amie d'une charmante Écossaise, étudiante d'italien et de français à Cambridge, ma brève colocataire à Paris, amateur de Bresse Bleu. Avec le recul, je conviens que c'était un plan légèrement bancal...
Heureusement, ma bonne étoile, incarnée en la figure paternelle, s'est chargée de remuer toute la Croatie pour retrouver le numéro d'un cousin [2] vivant en Angleterre. Le cousin en question une fois contacté, s'est fait une joie de me recevoir [3], et j'ai donc passé tout mon séjour chez lui et sa femme et ses deux petites filles à West Hampstead (20 minutes du centre ville marche et tube compris).

L'idée initiale du voyage était de s'immerger dans un monde anglophone et ne parler qu'anglais tout en découvrant Londres, cet ogre urbain. Ça s'est transformé en découverte de Londres et en " come and discover a piece of Croatia in London". Inutile de vous dire que ça m'a fait extrêmement plaisir de parler à nouveau croate et de l'entendre quotidiennement, par contre mon anglais du coup, il a pas fait des bonds prodigieux en avant. Les moments les plus drôles étant ma rencontre avec M., sans m'en rendre compte je parlais en croate. Et je prenais l'accent croate en parlant anglais. Allez comprendre comment mon cerveau compartimente tout ça et s'organise avec ce fouillis d'anglais, d'allemand, de croate, de viêtnamien et de français... Pour ma part, j'y renonce :)

Londres, je m'en suis fait toute une histoire. J'ai dressé toutes sortes d'images mentales de la ville avant mon départ. Meilleur moyen de déchanter à l'arrivée. Osons le dire, Londres c'est un capharnaüm.
La magnifique cathédrale ST Paul est entourée par des grattes-plafonds, construits par des architectes souffrant d'un évident complexe. (Depuis Freud, tout le monde voit des symboles phalliques partout, je fais pas dans l'original. Mais, j'ai certainement l'esprit mal placé, la faute à Trichelieu, un des buildings a une forme réellement plus suggestive que celle de la Tour Eiffel, pour ceux qui y voient un symbole phallique). La ville est constamment en travaux (de nombreuses grues s'élèvent d'un peu partout). Les rives du fleuve sont beaucoup moins belles et romantiques que Paris, et surtout moins bien mises en valeur.

Contrairement à Paris qui offre des vues d'ensemble magnifiques (les toits de Paris pour ne citer que ça), Londres est à première vue une ville sans charme [4]. Ce n'est qu'à travers mes différentes promenades que j'ai appris à l'aimer, à travers des petits (ou gigantesques dans le cas de St Paul) détais qui ont retenu mon attention.

Si je voulais observer la vie de purs British, c'était pas à Londres qu'il fallait venir. Là bas, c'est pire que dans mon cerveau. Se mêle à l'anglais posh, de l'anglais accent indien, du français (on trouve de nombreux compatriotes à Londres, touristes ou expat), du russe, du polonais (comment je fais la différence ? je sais pas, mais c'est pas le même accent), du chinois, du viêtnamien, de l'arabe. On se sent complètement perdu dans la foule, c'est à la fois un moment effrayant de voir une telle densité et délirant d'entendre toutes ces langues différentes. Les passants ont également des styles très différents (coup de cœur pour le quartier de Camden ! Même si je délirais complètement à cause de mon agoraphobie doublée d'une forte fièvre). Contrairement au mélange architectural qui ne ressemble à rien, j'ai beaucoup aimé ce foisonnement de cultures et des langues différentes.

Pour conclure, parce que ce billet est déjà en train de se transformer en pavé informe et indigeste : Londres, c'est une géante hyperactive aux mille et un visages.
P.S : Celui qui trouve la référence du titre me motivera à réduire la taille de mes photos pour qu'elles soient publiables sur le blog.

Notes

[1] Et faut pas pousser, des brouillons j'en fait déjà assez tout au long de l'année, alors si ici aussi je dois en faire !

[2] Si vous n'êtes pas hobbit, passez votre chemin. Il s'agit du cousin germain de mon cousin au 2e degré (son père étant le cousin germain de mon père). C'est aussi le fils de la cousine germaine de mon père. En fait, on a pas de lien direct, mais c'est mon cousin dans une acception croate ou hobbit.

[3] Sans me vanter, je suis une célébrité locale en Croatie (bon d'accord, ça se limite au sein de notre famille :d). Petit phénomène à moi seule parce que je suis le produit d'un mélange chimique improbable.

[4] Tout reste contingent au temps grisâtre, à la fièvre qui me faisait délirer et à mes lunettes pas à ma vue